On construit des sites depuis Morges sans WordPress, sans Webflow et sans Framer, et les clients ne s'en portent pas plus mal. Voici les cinq raisons, avec les chiffres relevés sur ce site même.
Ce que l'IA a changé
Ces plateformes existent pour une raison précise. Écrire du HTML et du CSS à la main prenait des jours, et chaque modification passait par un développeur. Payer un abonnement pour éviter ça se défendait très bien.
Cette raison a fondu en dix-huit mois. Une page se génère, se relit et se corrige en quelques minutes. Le travail s'est déplacé vers la relecture, la structure et le contenu, là où il aurait dû être depuis le début.
Une nuance quand même. Un modèle produit aussi du code médiocre, des balises en trop et des classes qui ne servent à rien. Sans quelqu'un qui relit, on remplace un mauvais gabarit par un autre. La différence, c'est que le fichier est là, lisible, et qu'on peut le corriger.
Les performances
Un constructeur visuel ne peut pas deviner ce que votre page utilise. Il envoie donc la feuille de style du site entier, sur chaque page.
Mesuré sur ferrstudio.ch pendant que j'écris ces lignes : 136 pages héritées de Webflow chargent encore ferrstudio.webflow.shared.1153f24a8.min.css, 354 ko pour une seule feuille. À côté, jQuery 3.5.1, et un fragment de 1 449 ko pour les animations de l'éditeur. Une page de blog qui affiche du texte et deux images traîne tout ça.
Mes propres feuilles ne sont pas minuscules non plus, entre 73 et 134 ko. La différence est ailleurs : chaque page ne charge que la sienne, et aucune ne charge jQuery.
Comment ça marche
WordPress fabrique la page au moment où quelqu'un la demande. PHP interroge une base, assemble le thème, exécute les extensions, renvoie le résultat. Ça marche, et ça oblige à surveiller les mises à jour, la base et l'hébergement.
Webflow et Framer publient vers leur propre réseau. Vous dessinez, ils servent. Tant que l'abonnement tourne, tout va bien.
Un site en fichiers, c'est autre chose. Du HTML, du CSS, quelques scripts, versionnés dans git et poussés sur un hébergeur. Rien ne s'exécute au moment de la visite. Changer d'hébergeur prend un après-midi.
Le jour où j'ai sorti ce site de Webflow, l'export a laissé un dossier wf-cdn complet et 802 règles de redirection à trier. Ce n'est pas un reproche, c'est le prix de la sortie. Il vaut mieux le connaître avant d'entrer.
L'économie
Sur WordPress, le logiciel est gratuit et le reste ne l'est pas : hébergement, thème premium, extensions, et le temps de quelqu'un pour tenir la maintenance. Ce dernier poste est celui qu'on oublie dans les devis, et c'est le seul qui revient tous les mois.
Sur Webflow et Framer, la facture est claire et elle ne s'arrête jamais. Le jour où vous arrêtez de payer, le site s'éteint. Vous ne louez pas un outil, vous louez la mise en ligne.
En fichiers, la mise en place se paie une fois. L'hébergement d'un site statique tient dans les offres gratuites ou presque. Chez nous c'est 2 000.- de mise en place, puis 250.- par mois pour le travail de contenu et de positionnement, pas pour le droit d'exister.
Le SEO
Aucune de ces plateformes n'empêche de bien se référencer. Elles laissent juste passer beaucoup de choses, parce que l'éditeur visuel ne les montre pas.
Sur ce site, l'audit de ce matin a trouvé 507 images sans texte alternatif, quatre titres complètement vides, plusieurs pages où la structure sautait du H1 au H3, et un lien de pied de page qui rebondissait en 308 sur les 164 pages du site. Tout ça passait la validation de l'éditeur sans un mot.
Avec des fichiers, un script relit les 164 pages en deux secondes et sort la liste. C'est comme ça que les quatre problèmes ci-dessus ont été trouvés, puis corrigés le même jour. Un éditeur visuel ne sait pas faire ça.
Quand WordPress reste le bon choix
Il y a des cas où je conseille WordPress sans hésiter. Une rédaction avec huit auteurs qui publient chaque jour et qui ont besoin d'un vrai flux de validation. Une boutique construite sur WooCommerce depuis six ans, avec ses extensions de stock et de comptabilité. Une équipe déjà formée, qui publie vite, et pour qui changer d'outil coûterait plus que le gain.
Dans ces situations, migrer est une mauvaise idée. Le reste du temps, la question mérite d'être reposée.
Ce qu'on fait à la place
On écrit le site. Des pages statiques, servies telles quelles, sans base de données ni abonnement de publication. Le contenu est travaillé pour les requêtes qui amènent des demandes, et les positions sont suivies tous les mois.
Ce site en est l'exemple : 164 pages, 90 articles, aucun CMS. Si vous voulez voir ce que ça donne sur votre activité, écrivez-moi, ou regardez d'abord comment on construit un site.
Travaillons ensemble


